Carrière atypique : comment vous projeter vers la réussite ?

 
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Réussir avec une carrière atypique ? On a des tous des noms en tête : Steve Jobs, Anne Lauvergeon, Xavier Niel, Sheryl Sandberg ! Autant d’étoiles qui brillent mais intimident. Ces personnalités ne nous ressemblent pas. Leurs parcours sont hors du commun. Les rencontres qui les ont propulsés, inespérées. Loin de nous projeter vers la réussite, les modèles de réussite en carrière atypique nous plaquent au sol. Comment construire une réussite si on est tout simplement « normal » ? 

Du « concept » de réussite à l’exemple de réussite

« Je ne connais aucun conjoint d’expatrié qui a pu faire un développement de carrière satisfaisant à l’étranger ».
Ce qui plombe le moral quand on a une carrière atypique, c’est l’absence d’exemples de réussite auquel s’accrocher pour y croire. Les réseaux sociaux sont envahis par des propositions d’accompagnement afin de réussir votre reconversion, construire une « formidable » réussite à l’étranger. Mais on a beau écarquiller les yeux, on a vraiment l’impression que, au mieux, on sera le premier à réussir l’exploit. On est donc vite confronté à deux options : rentrer dans sa coquille et subir la rupture de carrière, ou croire aveuglément que ça va marcher. Quel inconfort ! On aurait tant besoin de s’appuyer sur des exemples de réussite construites par des gens normaux comme nous…

On baigne dans une culture de réussite linéaire

« Le plus difficile, c’est le regard des autres. J’ai 41 ans et je ne sais toujours pas quelle est ma place au boulot. Je sens bien qu’on ne me prend pas au sérieux dans mon entourage. »
« Les managers optent généralement plutôt pour quelqu’un qui présente un parcours classique. Le doute subsiste sur les raisons qui poussent à changer de carrière : est-ce le courage de se remettre en cause ? N’était-il pas bon dans ce qu’il faisait auparavant ? La préférence est donnée aux personnes qui présentent un ‘parcours idéal’, sans changement.»
Depuis toujours, on baigne dans la culture de la carrière linéaire, basée sur l’hyper-spécialisation dans un service, et un secteur. La culture de la réussite en carrière atypique nous manque cruellement : est-ce que ça se traduit par un retour ni-vu ni-connu à la carrière linéaire, ou est-ce autre chose ? Comment construit-on cette réussite très concrètement ? Pour cela rien de tel que disposer d’exemples concrets de personnes qui nous ressemblent et qui ont réussi : les côtoyer, échanger avec elles, travailler avec elles. Afin de constater que, oui, c’est possible ! Ciblez ces personnes, écoutez-les, mettez vos pas dans les vôtres, c’est le meilleur moyen d’enclencher votre propre réussite.

Il faut sortir de son réseau naturel !

« Je fais partie d’un groupe de personnes qui cherchent du boulot et on traverse les mêmes situations, cela permet de se soutenir… »
« La communauté expatriée est un petit monde qui fonctionne en vase clos, refermé sur lui-même. Je n’y ai pas trouvé d’entraide car mon objectif n’était pas validé par la communauté. Les femmes ne travaillent pas, elles ont deux, trois, puis quatre enfants. Je n’ai rien à voir avec ce monde. »
Le problème, c’est que l’on réseaute entre clones ! Conjointe d’expatriée, j’ai été engluée pendant 10 ans dans la culture de la carrière secondaire à force de fréquenter les associations des Français(es) de l’étranger, de lire les sites internet dédiés aux femmes d’expat. Tout me ramenait à la famille, aux enfants, à la carrière de mon mari. Constater que l’on n’est pas seul à ramer rassure mais immobilise: nous réseautions bien confortablement entre nous, toutes en rupture de carrière. Nous avions les mêmes problèmes et la même absence de solutions ;). Où étaient donc les personnes qui avaient transformé leur carrière atypique en une réussite ? J’ai vite compris qu’elles étaient persona non grata.

Rencontrons ceux qui nous énervent tant parce qu’ils ont réussi …

« Quand je suis arrivée à Hong-Kong, j’ai exprimé mon besoin de travailler pour préserver mon employabilité. J’ai bien senti une hostilité de la part des autres épouses. Il valait mieux ne pas en parler pour s’intégrer… » 
Nous développons une forme de jalousie devant ceux qui ont réussi : ceux qui, malgré les difficultés, ont déjoué la fatalité ! Pourquoi ? Parce que leur réussite rend plus douloureuse notre incapacité à le faire pour nous-mêmes ; et attaque notre confiance en nous. Pourquoi elle, pourquoi lui, et pas moi ? Conséquence : au lieu de se rapprocher d’eux, on s’en éloigne. On peut même développer une forme d’agressivité vis-à-vis de ceux qui pourraient nous montrer le chemin de leur réussite. La jalousie cache en réalité un besoin de leur ressembler : je vous conseille de proposer à ceux dont vous jalousez la réussite d’aller prendre un café et de leur demander comment ils ont su négocier leur virage professionnel…

Inspirons-nous de rôles modèles accessibles

«  J’ai l’impression que ceux qui retombent sur leurs pattes sont des magiciens.»
Thierry Marx, Delphine de Vigan, Alexandre Jollien, François-Xavier Demaison … Les personnes qui ont réussi une carrière atypique nous intimident : tout le monde ne fera pas la Une des journaux. Les rôles modèles de la carrière atypique semblent bénéficier de talents hors du commun, d’une capacité à prendre des risques que l’on n’a pas ; beaucoup ont puisé leur réussite dans une histoire douloureuse. Notre vie est bien plus banale. Le manque de confiance associé à ce moment de remise en question nous fige: comment casser la baraque alors qu’on doute tant de soi ? Nous avons besoin de rôles modèles « accessibles », et ceux-là ne sont pas dans les journaux : des gens normaux qui ont vécu le même défi que nous et les questions qui l’accompagnent dans un contexte de vie normale.
Nous avons besoin de ces exemples en nombre pour comprendre que la réussite n’est pas le résultat d’un heureux concours de circonstance. Nous pourrons ainsi progressivement nous projeter vers notre propre réussite personnelle à partir des bribes de celles des autres. Un peu comme un patchwork.
Le problème ? Les personnes normales en carrière atypique ne se réclament pas de cette étiquette. J’ai décidé de pallier ce manque en vous proposant une galerie de portraits de personnes avec lesquelles j’ai travaillé. A travers leurs exemples, au fil des témoignages, c’est votre réussite qui se dessinera en vous. Je vous invite à vous inscrire pour recevoir la newsletter dans votre boite aux lettre mails (en bas sur la page Accueil) ou à nous rejoindre sur Facebook.

 La réussite est un processus : faites le point sur votre situation !

« Je suis très terre-à-terre et j’ai du mal à me projeter pour ma situation à moi. J’ai du potentiel mais de là à concrétiser ! »
« Le hasard est la rencontre de deux faits déterminés » expliquait mon prof de philo en prépa. Certains vont bénéficier de cet heureux hasard qui leur permettra d’enclencher le succès : un projet où ils auront parfaitement leur place croisera leur route un jour. J’ai fait assez de chemin à travers le monde à Londres, Singapour et Hong Kong pour ressentir la frustration de l’attente. En réalité, votre réussite est ce processus qui va de la définition de votre identité professionnelle jusqu’à votre intégration dans un marché ciblé. C’est moins sexy que le hasard mais moins frustrant aussi. C’est tout simplement de la conduite de projet avec des étapes organisées dans le temps. La réussite en carrière atypique se programme : je vous invite à comprendre ses étapes et identifier celle dans laquelle vous vous situez. Vous prendrez de nouveaux repères et accélérerez votre progression en ciblant vos actions. Le talent et la passion ne suffisent pas : Il faut aussi apprendre à être entrepreneur de votre réussite. Avec la méthode associée.

Stéphanie Talleux

 
Stéphanie Talleux